Mots du CA et du comité Inscriptions
Comité Administratif
Relax !
Qu’on est bien dans notre beau jardin! Certes, tout n’est pas parfait. Il y a parfois des choses qui disparaissent sans qu’on attrape les voleurs, des saletés qui traînent toujours, des gens qui nous fatiguent, des lots mal entretenus, des barils qui fuient, des outils tout en bordel, des pots de miel pas bien remplis, des gens qui ne suivent pas les règles… Et oui, ce peut être désagréable. Mais nous avons quand même la chance infinie de pouvoir jouir d’un lieu magnifique pour s’y adonner à une activité qui nous tient à cœur, pour vraiment pas cher, dans un pays en paix et à la météo somme toute très agréable. Alors vive la joie, la bonne humeur et les tomates bien mûres!
Valérie Borde, Présidente du C.A.
Secrétariat
Outils technologiques
Pour en connaître un peu plus
La technologie a infiltré un peu tous les domaines du quotidien. L’administration du jardin n’y échappe pas. Voici ce que le secrétariat du jardin utilise comme outils. Pour planifier ses rencontres, le conseil d’administration a recours à l’application Rallly. Auparavant, nous utilisions Doodle, mais l’entreprise exige maintenant un abonnement pour ce faire. Pour produire et conserver les documents, le CA emploie Google Workspace. Dans ma vie personnelle et professionnelle, j’emploie plutôt Linux et LibreOffice.
Nicolas St-Laurent, Secrétaire
Inscriptions
Autre temps, autres mœurs et coutumes
Il y 20 ans, déjà lorsque nous inscrivions un nouveau membre au jardin, nous lui remettions une version papier du Guide de bienvenue et de la brochure des règlements généraux et internes, soit 3 brochures au total qu’il pouvait feuilleter à son gré.
Depuis quelques années, nous avons abandonné les versions papier des règlements et même du journal que nous attendions avec grand intérêt. Ce qui fait que les gens sont peut-être moins portés à lire et à connaître les règlements. Je me fais souvent poser des questions qui relèvent de la réglementation, pourtant c’est le devoir de chacun de s’informer de ses droits et de ses obligations. En justice, on ne peut plaider l’ignorance; il en va donc de même au jardin. Alors évitez les imbroglios en lisant de temps à autre le contenu des règlements qui est disponible sur le site web du jardin.
Bon jardinage!
Laval Voisine, responsable du comité Inscriptions
Lors de la magnifique journée du 16 juillet dernier, le jardin a reçu la visite de quelques sœurs Augustines qui étaient accompagnées de leurs collègues œuvrant au Paraguay. Pour les récents membres du jardin, il faut savoir que les sœurs Augustines étaient propriétaires du terrain où se trouvent actuellement nos jardins et qu’elles nous ont permis, de 1982 à jusqu’à tout récemment, de cultiver ce grand espace de verdure au cœur du quartier Saint-Sauveur. Elles ont, par la suite, vendu leur terrain à la Ville de Québec en s’assurant que nous gardions notre accès au jardin par la signature d’un bail avec la Ville de Québec.
Pour revenir à la visite des Augustines du Paraguay, trois sœurs Augustines du Québec se sont rendues à Asuncion, capitale du Paraguay, en 1961 pour apporter leur aide et, depuis ce temps, elles ont conservé un fort lien d’amitié. Soeur Lili, qui déclare avec grand plaisir être amie avec Laval Voisine, ancien président du jardin, a donc communiqué avec lui afin qu’il leur fasse une visite guidée, ce que Laval s’est empressé de faire, avec toute la bonhomie qu’on lui connaît.
Merci Laval d’avoir fait rayonner Le Tourne-Sol encore une fois! Tu es un formidable ambassadeur!
Louise Bouchard, responsable du comité Communications
Dans cette chronique qui devrait revenir dans chacun des prochains journaux, nous allons passer en revue certains règlements tirés des Règlements de régie interne (RRI) du jardin qui nécessitent peut-être certaines précisions pour être bien compris.
2.2.7 Les modalités de renouvellement des inscriptions sont établies comme suit :
2.2.7.1 Les anciens locataires ont priorité pour renouveler et conserver leur lot.
2.2.7.2 En plus de l’AG d’automne et de l’assemblée d’information du printemps, deux périodes de renouvellement d’inscription seront prévues. Ces périodes seront communiquées par le CA.
2.2.7.3 Le renouvellement de l’inscription demeure la responsabilité du locataire ou du collaborateur.
2.2.7.4 Les lots des anciens locataires qui n’ont pas acquitté les frais annuels de location, pour l’année suivante, après les périodes annoncées, sont considérés comme vacants et remis en location pour les personnes inscrites sur la liste d’attente.
2.2.7.5 Les demandes d’ajout ou de changement de lots devront être faites lors du renouvellement d’inscription et seront traitées avant les inscriptions des nouveaux membres et selon la disponibilité des lots vacants.
2.2.7.6 Dans le cas où un même lot est demandé par au moins deux locataires, la priorité sera accordée selon :
- que le lot demandé est adjacent aux lots actuels du demandeur;
- en cas de proximités égales, le lot sera attribué selon l’ancienneté des membres;
- finalement, en dernier recours, le lot pourra être attribué par tirage au sort.
En résumé, que retenir de ces articles des règlements de régie interne? D’abord, que les périodes de renouvellement des inscriptions, qui sont annoncées à l’avance par courriel via la liste de diffusion, doivent être respectées. Le comité Inscriptions s’efforce de bien gérer les inscriptions et le grand nombre de membres exige un contrôle serré de cette étape essentielle au bon fonctionnement du jardin. La banque de données des membres peut ainsi être mise à jour rapidement avant le début de la saison suivante, permettant aux responsables d’être informés de la venue de nouveaux membres dans leur comité.
Les cas d’impossibilité de se rendre aux séances d’inscription prévues en raison de circonstances exceptionnelles doivent faire l’objet d’une demande transmise rapidement par courriel au jardin, à l’attention du comité Inscriptions.
Les demandes d’ajout ou de changement de lot ne sont pas traitées au hasard. L’article 2.2.7.6 énumère les critères qui sont analysés pour l’attribution des lots. Certains membres pourraient être déçus de n’avoir pas obtenu le lot qu’ils convoitaient mais sachez que le comité Inscriptions fait tout son possible malgré les contraintes que les règlements leurs imposent.
Les règlements ne sont pas toujours simples mais ils permettent d’avoir au moins une cohérence dans les actions qui sont posées. Ils permettent ainsi à tous d’avoir la même orientation pour le bon fonctionnement de notre jardin. Finalement, on en a vraiment besoin!
Comment cela exotique? Ce n’est pas de la papaye ou des orchidées qui y sont cultivées Pourtant, aucune des espèces mentionnées n’est native d’Amérique du Nord. Pas même ce vers de terre fréquemment rencontré, qui est originaire d’Europe et a possiblement fait le voyage incognito dans les cales des bateaux. Il existait et existe d’autres variétés de vers en Amérique du Nord, mais ils se déploient à d’autres profondeurs que celle des lombrics rouges courants. Par contre, les pissenlits furent apportés délibérément pour leurs propriétés médicinales et nutritives. Avec les conséquences que nous connaissons maintenant. Même chose pour le grand plantain, indicateur pour les Amérindiens du passage des blancs. Sans compter toutes les espèces que nous cultivons depuis si longtemps et dont nous avons oublié qu’elles viennent d’ailleurs, comme l’épinard originaire d’Iran.
Mais alors, à quoi ressemblait le terrain où se trouve actuellement le Tourne-Sol il y a 500 ans, soit avant l’arrivée des Européens? Assurément, il était fort différent. Ce devait être une forêt de feuillus. Mais elle n’était pas nécessairement vierge, car les humains qui habitaient le continent l’entretenaient afin de faciliter les déplacements et de maximiser la production d’espèces désirables, comme les noisetiers.
Il ne faut pas oublier que la palette de goûts était fort différente à l’époque. Peut-être qu’offrir une pomme McIntosh à un humain d’alors aurait provoqué une réaction inattendue : il vous l’aurait recrachée au visage, car il est peu probable qu’il ait déjà goûté à quelque chose d’aussi sucré et acide. Par contre, cet humain détecterait sûrement des subtilités qui nous font défaut aujourd’hui, habitués que nous sommes à l’hyper-sucré et l’hyper-salé.
Puis, toute la chimie de l’air, de l’eau et des sols a été transformée au cours des derniers siècles. Si vous pouviez boire à même la rivière Saint-Charles à l’époque ce serait une mauvaise idée de nos jours. En tant que jardinier, c’est surtout la transformation du sol qui nous affecte. La richesse de micro-organismes s’est épuisée au fil des siècles à cause de la surexploitation et de la négligence, sans compter l’ajout de matières indésirables.
Il serait utopique de vouloir remettre le territoire dans son état pré-Jacques Cartier. Par contre, nous pouvons prendre soin des sols afin qu’ils retrouvent leur richesse perdue. Le reste suivra…
RÉFÉRENCES
APTN – 1491: The Untold Story of the Americas – https://www.aptntv.ca/1491/
LARRY HODGSON – Les mauvaises herbes datent de la Nouvelle-France – https://www.lapresse.ca/maison/cour-et-jardin/jardiner/200608/09/01-869401-les-mauvaises-herbes-datent-de-la-nouvelle-france.php
Patrick Mouliane – Les bonnes feuilles de l’épinard – https://www.semencemag.fr/epinard-histoire-selection-jardinage.html
J.L. Schlienger – Histoire du goût sucré – https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S195725571470820X
Smithsonian Environmental Research Center, Earthworm Invaders – https://ecosystemsontheedge.org/earthworm-invaders/
Prenons cette belle grosse tomate cœur de bœuf que vous avez observée grossir, celle que vous avez enfin dégustée accompagnée d’un généreux filet d’huile d’olive et d’une pincée de sel. Saviez-vous que son ancêtre avait la taille d’un bleuet? Difficile d’en faire d’aussi jolies tranches! Même constat du côté de vos belles carottes oranges, que vous avez dégustées glacées au miel du jardin : leur ancêtre, fibreux et amer, n’aurait sans doute pas donné un accompagnement aussi réussi. Comment expliquer de telles transformations? Quel processus a façonné les fruits et légumes que nous cultivons aujourd’hui?
D’abord, rappelons que l’évolution des espèces se produit par le biais de divers mécanismes, dont celui de la sélection naturelle, présenté par Charles Darwin en 1859. Très sommairement, celle-ci désigne la propagation accrue des traits héréditaires qui favorisent les chances de survie et de reproduction d’une espèce. Par exemple, chez les populations de loups vivant dans les régions arctiques, où le sol est couvert de neige la majorité de l’année, une mutation causant un pelage blanc leur permet de passer inaperçus auprès de leurs proies, facilitant ainsi leur survie. C’est ainsi que la nature sélectionne ce qui aide à survivre et à se reproduire.
Mais la nature n’est pas la seule à posséder ce pouvoir! Pensons notamment à la domestication des chiens : au fil des millénaires, la sélection des individus présentant certains traits spécifiques afin de les rendre plus adaptés à certaines tâches (chasse, garde, compagnie, etc.) ou encore pour qu’ils répondent à des critères purement esthétiques, est un bon exemple de sélection artificielle par l’humain. Ainsi, alors que la sélection naturelle favorise les traits qui aident à la survie, la sélection artificielle favorise ce qui plaît à l’humain, et ce, même lorsque ce n’est pas à l’avantage de l’organisme.
Vous me voyez certainement venir : c’est le même principe pour les plantes potagères! On les façonne selon nos préférences, on cultive celles qu’on apprécie davantage, on cuisine celles qui nous sont alléchantes. Les espèces qu’on cultive aujourd’hui sont le résultat de milliers d’années de sélection par l’humain, pour qu’elles correspondent à ce qui lui plaît : des fruits et légumes plus gros, plus sucrés et moins amers. Sans oublier des espèces dont la culture est pratique : plus résistantes aux insectes, aux maladies et aux transports, plus faciles à récolter, etc. À noter qu’il n’est pas question ici de modifications de l’ADN des organismes par génie génétique, mais seulement de sélection artificielle, soit le croisement d’individus possédant des caractéristiques avantageuses.
De bien jolies histoires se cachent derrière les espèces de fruits et légumes qu’on connaît aujourd’hui. Puisqu’elles méritent que l’on s’y attarde, intéressons-nous d’abord plus en détail à deux des espèces parmi les plus populaires du potager.
La carotte
Saviez-vous qu’avant d’être consommée comme un légume, la carotte était considérée comme une épice?
Reculons de 4 000 à 5 000 ans : des graines de carotte ont été découvertes dans des sites préhistoriques, où elles étaient utilisées comme épices ou à des fins médicinales. Les Grecs et les Romains lui attribuaient eux aussi une valeur thérapeutique. Sa consommation comme aliment, elle, tardera à s’installer : on ne peut pas trop en vouloir à nos ancêtres, puisque la carotte n’était à l’époque qu’une racine blanchâtre, coriace et fibreuse! Sa popularité augmente tout de même au Moyen-Âge, mais surtout car elle est peu coûteuse. À partir du 10e siècle, la carotte est de plus en plus cultivée en Asie. Elle arbore alors une couleur violette et jaune. Sa domestication se poursuit ensuite dans les régions tempérées de l’Europe, jusqu’en Angleterre, entre le 11e et le 15e siècle.
Et cette fameuse couleur orangée? Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer son apparition. La légende populaire veut qu’elle ait été créée au 17e siècle par des cultivateurs hollandais, qui auraient croisé des variétés à chair jaune et à chair rouge pour démontrer leur loyauté à la Maison d’Orange-Nassau. Des études génétiques menées dans les années 2010 offrent une autre vision de l’histoire : les carottes oranges seraient plutôt apparues à la suite de sélections d’espèces de carottes jaunes. Les chercheurs à l’origine de cette étude ont d’ailleurs conclu qu’en Amérique du Nord, les carottes sauvages ont probablement été introduites lors de la colonisation européenne en tant que… mauvaises herbes!
La tomate
Je ne sais pas pour vous, mais si on me demande à quel pays j’associe la tomate, je vous répondrai l’Italie! Après tout, quand on a la chance de déguster de délicieux plats italiens où la tomate règne en maître, il est facile de s’imaginer que les nonnas italiennes la cuisinent depuis des millénaires. Or, la tomate n’a été introduite en Italie, et en Europe en général, qu’au 16e siècle. Mais il aura fallu patienter jusqu’au 19e siècle pour qu’elle se taille une place dans la cuisine italienne, car on la soupçonnait jusqu’alors d’être toxique!
La tomate contemporaine serait originaire des Andes, en Amérique du Sud, où l’on consommait déjà certaines variétés dès le 8e siècle. Sa classification en tant que baie prend tout son sens quand on pense à une espèce sauvage voisine, la tomate groseille (Solanum pimpinellifolium), dont les fruits avaient alors la taille d’un pois! La tomate à gros fruits a par la suite été domestiquée par les Aztèques au Mexique. Le travail de sélection des cultivateurs leur a permis de produire, au fil du temps, des tomates de tailles, de formes et de couleurs variées.
L’arrivée de Christophe Colomb en Amérique a été suivie d’un échange international massif de plantes, d’animaux, de technologies et de maladies infectieuses. Ce grand échange, également appelé échange colombien, a eu une profonde influence sur l’écologie, l’agriculture et, par le fait même, sur l’alimentation à l’échelle mondiale. C’est dans ce contexte que la tomate a été introduite en Europe par un conquistador espagnol, après qu’il se fut emparé de la capitale de l’empire aztèque, Mexico-Tenochtitlan, en 1521.
Les espèces que l’on cultive portent en elles une riche histoire. Les légumes aux couleurs éclatantes qui ornent la délicieuse salade estivale que nous avons la chance de déguster aujourd’hui, après une belle récolte, sont peut-être bien différents de leurs ancêtres. Je suis toutefois convaincue que le plaisir que nous avons à les cultiver, lui, n’a pas changé avec les années!
RÉFÉRENCES
Wikipedia – Évolution (biologie) – https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89volution_(biologie)
Wikipedia – Échange Colombien – https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89change_colombien
Wikipedia – Carotte – https://fr.wikipedia.org/wiki/Carotte
La nutrition – Petite histoire de la carotte – https://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/aliments/legumes/carotte/petite-histoire-de-la-carotte
Iorizzo, M., Senalik, D.A., Ellison, S.L., Grzebelus, D., Cavagnaro, P.F., Allender, C., Brunet, J., Spooner, D.M., Van Deynze, A. and Simon, P.W. (2013) – Genetic structure and domestication of carrot (Daucus carota subsp. sativus) (Apiaceae)†. American Journal of Botany, 100: 930-938. – https://doi.org/10.3732/ajb.1300055
Flavor of italy – Tomatoes in Italy – https://flavorofitaly.com/flavor-of-italy-podcast/tomatoes-in-italy/
Toutes les semences sont certifiées biologiques et sans OGM. Leur travail d’hybridation est constitué de techniques de pollinisation croisée et de sélection, complétées avec des technologies modernes, mais excluant toute transformation génétique. Cette dernière méthode est contre les valeurs de l’entreprise, car elle ne favorise pas les changements souhaités dans le système agroalimentaire (par exemple, que la marchandisation d’un légume soit la priorité lors de son développement et non pas sa saveur). Par ailleurs, l’équipe de Row 7 écrit noir sur blanc sur son site internet que, à son avis, la transformation génétique n’a jamais produit quelque chose de réellement délicieux à ce jour!
Toute une diversité de personnes est impliquée dans le développement des nouvelles variétés de végétaux, fruits de la collaboration entre des chefs, des agriculteurs, des sélectionneurs et de simples amateurs de végétaux. La mission de Row 7, telle que présentée, est d’améliorer la saveur des ingrédients avant même qu’ils n’arrivent dans les assiettes.
Après avoir fait le tour des végétaux disponibles pour les semences et leur description, je crois également que la diversité d’utilisation d’une même variété, ainsi que son esthétisme, sont valorisées dans le développement. Par exemple, la courge delicata Tetra (surnommé la courge « zéro déchet ») peut être dégustée sous quatre formes : fruit immature, jeune pédoncule, fleurs et courge à maturité. Les pois mange-tout Beauregard, quant à eux, bien que sélectionnés pour leur saveur exceptionnelle, l’ont également été pour leur couleur éclatante violet qu’ils conservent à la cuisson.
La visite de son site internet permettra de vous familiariser avec ses processus et ses manières de faire. Il explique la démarche comme étant participative et associée à différents acteurs partout aux États-Unis (universités, agriculteurs biologiques, sélectionneurs, etc.) de même qu’à des chefs à l’international!
En quelques mots, Row 7 présente son objectif ainsi : « des aliments plus savoureux, des sols plus sains et une alimentation plus variée et nutritive pour le plus grand nombre ». Même si je ne suis pas une grande enthousiaste des États-Unis depuis un certain temps, je dois dire que les valeurs et manières de faire de cette compagnie m’interpellent, ainsi que l’accent mis sur la saveur et la nutrition.
Dans mon jardin cette année, j’ai planté les Pois Beauregard (photo : en fleur actuellement), les laitues romaines Épinard (photo : très jolie et régulière) et Dino (photo : plantée trop serrée, mais très bonne!), les betteraves jaunes Badger Flame et les courges Tetra. À suivre!
RÉFÉRENCE
Row 7 Seeds – https://www.row7seeds.com/
Ce que l’on retrouve dans une analyse de sol
Ce qui intéresse le plus au premier abord, c’est le pH (acidité du sol) dont nous avons déjà parlé dans un premier article. En plus du pH, on obtient la texture du sol et le taux de matière organique. C’est ce dont nous allons parler dans cet article. Nous verrons les concentrations du trio NPK (azote, phosphore, potassium) et des autres minéraux essentiels à une bonne culture dans la troisième partie de cet article.
La texture
La texture d’un sol, ce sont les proportions relatives des minéraux présents dans le sol comme l’argile, le limon et le sable, du diamètre le plus fin au diamètre le plus grossier. La matière organique présente devient alors le liant réparti dans tout le mélange. Tous les sols du monde peuvent être classifiés par ces proportions. Les sols désertiques contiennent par exemple en majorité du sable et peu de matière organique. Les sols du Tourne-Sol sont, quant à eux, plus diversifiés, de tendance sableuse vers l’angle des rues Sacré-Cœur et De Montmartre et de tendance argileuse vers le coin de l’étang.
Il est important de connaître la texture du sol car chaque légume à des besoins particuliers. La carotte a besoin d’un sol sablonneux sans cailloux pour pousser sans fourcher. La betterave aime bien les sols argileux car sa racine est assez forte pour se frayer un chemin dans un sol compact. C’est pourquoi mes carottes ne grossissent jamais dans le sol argileux de mon lot.
Sans passer par une analyse officielle, on peut évaluer approximativement la teneur en sable, limon et argile en mettant dix centimètre de sol (sans cailloux ni paillis de surface) dans un pot Masson que l’on remplira d’eau. On ferme et on agite vigoureusement le tout. On laisse décanter et on mesure l’épaisseur des différentes couches déposées (chaque centimètre représentant 10 %). Se déposeront d’abord au fond le sable puis le limon, l’argile et la matière organique à la surface
NB. : On n’ajoute pas de sable à une terre argileuse pour « l’alléger » sauf si on veut fabriquer du béton.
La matière organique
La matière organique sert de stabilisant entre les particules, les écartant pour laisser passer l’air et l’eau dans le sol. Les vers de terre viennent à la rescousse en ajoutant leur mucus digestif à la matière organique. On considère qu’une terre agricole biologique bien entretenue contient environ 4 % de matière organique.
La matière organique agit comme une éponge qui absorbe l’eau et la garde disponible selon le besoin des plantes. Comme elle empêche la compaction, elle permet à l’eau de ne pas rester bloquée à la surface et au sol de rester humide en profondeur.
Pour augmenter la teneur en matière organique du sol, on ajoute régulièrement sur plusieurs saisons du compost au printemps et/ou du fumier à l’automne. On y additionne des paillis organiques comme la paille, les feuilles mortes et les rognures de gazon que l’on étend entre les rangs pour qu’ils soient peu à peu intégrés eux aussi dans le sol. De plus, des cultures intercalaires de trèfle ou de seigle que l’on peut semer entre les cultures principales seront fauchées et mélangées au sol avant leur floraison. Il n’est pas nécessaire d’incorporer tout cela la même année, bien entendu. C’est la régularité qui compte.
L’intérêt de faire une analyse de sol consiste à connaître ce qui s’y passe. Il faut au minimum vérifier le pH au 2-3 ans avec une trousse disponible en jardinerie afin de s’assurer que les conditions du terrain permettent le bien-être des légumes du jardin.
RÉFÉRENCES
Le jardinier paresseux – Pourquoi le bon ph est-il important dans le potager? – https://jardinierparesseux.com/pourquoi-le-bon-ph-est-il-important-dans-le-potager/
Wikipedia – Texture du sol – https://fr.wikipedia.org/wiki/Texture_du_sol
Le jardinier paresseux – L’analyse du sol pour tirer les choses au clair – https://jardinierparesseux.com/lanalyse-du-sol-pour-tirer-les-choses-au-clair/
De l’international
Beaucoup de nos légumes de base utilisés en Occident sont originaires de l’Asie mineure, entre la Méditerranée et l’Iran. Une migration naturelle, de main d’agriculteur à main d’agriculteur, s’est effectuée autour des premiers points de domestication. Par la suite, ce sont les romains qui au fil de leurs conquêtes en ont rapporté beaucoup vers l’Europe. Pour les Amériques, au sud, ce sont les Andes qui ont été le point de départ des plantes alimentaires tandis qu’au nord, les pionnières sont plutôt venues de l’est. Le Mexique a servi de relais dans la transmission de la tomate et du maïs.
Au départ, les parents sauvages de nos légumes étaient des plantes malingres, amères et peu appétissantes. Toutefois, nos ancêtres semblent avoir cru tout de suite à leur potentiel. Par exemple, le maïs est issu d’une graminée sauvage du Mexique appelée « téosinte » qui ne contenait au départ que quelques grains durs alignés sur une mince tige. Après quelques milliers d’années de sélection et une bonne amélioration des conditions de culture, on peut déguster aujourd’hui des centaines de grains sucrés sur chaque épi lors de nos épluchettes.
De l’Asie
Ces légumes du potager, dont il nous faut prendre grand soin car ils nous semblent un peu fragiles, ont des ancêtres beaucoup plus costauds car ils sont apparus dans des climats particulièrement difficiles. On peut penser aux pentes de l’Himalaya ainsi qu’aux déserts situés entre la Méditerranée, le nord de la péninsule arabique et les montagnes à l’ouest de l’Inde. La vie n’y était pas facile surtout après que les humains y soient débarqués pour s’en nourrir. Toutefois après les avoir plantés dans de meilleures conditions et avoir effectué des sélections et des croisements judicieux, ces mêmes humains ont créé des légumes tendres et sucrés.
Après avoir été domestiquées par les populations locales, ces plantes sont parties au loin, parfois vers la Chine, pour revenir vers l’Europe via les caravaniers arabes de la route de la soie, ou parfois en transitant avec les romains lors de leurs conquêtes militaires au Moyen-Orient ou en Europe du nord.
Des steppes de l’Asie centrale viennent la betterave et la bette-à-carde de même que les épinards au retour des romains du Moyen-Orient. Des contreforts de l’Himalaya sont arrivés la moutarde en feuille, le concombre et l’aubergine. Nous avons aussi fait de belles découvertes un peu plus au nord, vers l’Afghanistan, avec l’ail, l’oignon et la carotte.
La rhubarbe était présente au départ au Tibet et en Sibérie puis la Chine s’en est servie comme plante médicinale. L’Europe l’a adoptée ensuite comme légume avant de lui faire traverser l’Atlantique. Et la gourgane? Eh bien non! N’en déplaise à certains, la gourgane n’est pas originaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La gourgane à petit grain nous vient de l’Afghanistan tandis que la « vraie » gourgane est partie de l’Afrique pour embarquer en Normandie, où elle a acquis le nom que nous lui connaissons, avant de traverser l’Atlantique et d’arriver au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
De l’Europe
Du pourtour de la Méditerranée, sont arrivés le chou-fleur, le poireau, le persil et le pois. On a encore des doutes cependant concernant le radis : vient-il de l’est de la Méditerranée ou de l’Asie? L’enquête est en cours! En dehors du navet qui était présent dans toute l’Europe, la famille des choux (le kale et les différents choux pommés) est, quant à elle, originaire des zones côtières d’Europe occidentale aux conditions fraîches. Après que les romains les aient rapportés en Italie, leurs descendants du Moyen Âge ont sélectionné, en Sicile, les plus hâtifs pour développer les tendres petits bouquets de brocoli afin de les manger avant l’éclosion de leurs fleurs jaunes.
Quelques acquisitions de l’Afrique
Moins nombreux sont les légumes qui viennent d’Afrique. Les délicieux melons, par exemple, ont fait un petit détour par l’Asie avant de revenir vers le sud de l’Europe. L’ocra, parti de l’Éthiopie, a lui aussi suivi le même chemin pour parvenir jusqu’à nous.
Conclusion
On peut remercier les romains d’avoir reconnu les variétés horticoles les plus intéressantes lors de leurs conquêtes du monde méditerranéen. Ils ont permis à ce que les sélections qui ont suivies leur introduction en Europe nous donnent accès à des légumes plus tendres et plus savoureux.
Ils n’étaient pas fous ces romains!
Dans le prochain article, nous constaterons le legs immense transmis par les peuples latino-américains, après plusieurs millénaires de domestication potagère. À suivre…
RÉFÉRENCES
Le jardinier paresseux – 21 juin journée nationale des peuples autochtones – https://jardinierparesseux.com/21-juin-journee-nationale-des-peuples-autochtones/
Yves Gagnon – La culture écologique des plantes légumières – https://www.leslibraires.ca/livres/culture-ecologique-des-plantes-legumieres-la-yves-gagnon-9782981027436.html?srsltid=AU7gw4XP6bqry_humoJpFA8TbzWBiZon85KbDcH51NNzE9doGzK_pa31
Wikipedia – Brocoli – https://fr.wikipedia.org/wiki/Brocoli
Terre Promise – L’histoire de la gourgane québecoise – https://terrepromise.ca/blog/le-blogue-de-la-semenciere-1/l-histoire-de-la-gourgane-quebecoise-17
Capteur solaire
Il y a bien longtemps, sachant faire preuve d’audace et d’innovation, le Jardin avait installé un capteur solaire sur la toiture de la pergola. Celui-ci servait à fournir l’énergie pour la pompe de l’étang. Malheureusement, celui-ci n’y a fait qu’une courte visite, faisant probablement l’envie d’un inconnu…
Nichoir à chauve-souris
La chauve-souris étant méconnue et mal-aimée, le Jardin, il y a un certain temps, avait installé un nichoir1 pour elle sur un des cabanons de l’entrée. Le but étant de la faire connaître un peu plus et de profiter de son travail utile et bénéfique.
1 Abri artificiel en bois (de couleur noire pour absorber la chaleur du soleil et maintenir une température intérieure élevée afin de favoriser la croissance des petits) qui attire ces insectivores pour aider à réguler les populations de moustiques et d’insectes du jardin.



















Photo: Louise Bouchard