Mots des comités
Entretien
Chers membres du jardin Le Tourne-Sol, je vous souhaite une magnifique saison de jardinage 2026, remplie de découvertes, de récoltes et de plaisir. Que notre jardin demeure un lieu de détente, de respect, de courtoisie et de bienveillance pour tous. 🌻🌱
Magali Villeneuve, responsable du comité Entretien
Inscriptions
La saison 2026 est lancée et le comité Inscriptions aura son moment de répit pour que ses membres jardinent avec un sentiment de devoir accompli. Par contre, si vous avez des changements à communiquer, il est important de nous le faire savoir via le courriel du jardin (jardintournesol@hotmail.com). Que ce soit pour une nouvelle clé, une clé perdue, un changement de collaborateur, d’adresse ou de courriel, il faut nous aviser. Pas de changement, pas d’agrément; peu importe, jardinez tranquille, l’inscription vous souhaite une bonne saison.
Laval Voisine, responsable du comité Inscriptions
Communications
Bonjour amis jardiniers, la saison étant déjà bien entamée, la réflexion qui me vient spontanément à l’esprit pour la rédaction de ce petit mot est la signification du mot « communautaire ». Il qualifie tout ce qui se rapporte à une communauté, à un groupe de personnes qui partagent des intérêts communs (le jardinage), un lieu de vie commun (Le Tourne-Sol). https://jardin-tourne-sol.ca/
Mon souhait pour cette saison est que nous entretenions, tous ensemble, cet esprit communautaire et que nous jardinions dans un climat serein, exempt du stress que nous vivons parfois dans la vie de tous les jours. Au jardin, pas de souci, on met les mains dans la terre et on rêvasse en regardant pousser ce qu’on a semé!
Louise Bouchard, responsable du comité Communications
Dans cette chronique qui devrait revenir dans chacun des prochains journaux, nous allons passer en revue certains règlements tirés des Règlements de régie interne (RRI) du jardin qui nécessitent peut-être certaines précisions pour être bien compris.
4.3 Tâche communautaire et corvée de compostage annuelle
4.3.1 Les responsables de comités ont à assigner une tâche aux membres de leurs comités respectifs.
4.3.2 Il appartient au membre de rencontrer le responsable de son comité afin de se voir assigner une tâche communautaire. Il appartient également au membre de faire comptabiliser ses heures de travaux communautaires par son responsable de comité. À noter que pour faciliter la compilation des heures (locataire, collaborateur, invité), le nom du membre locataire doit toujours être utilisé. Chaque membre locataire ou son collaborateur a la responsabilité de s’inscrire à la corvée de compostage obligatoire une fois pendant la saison. Les dates seront affichées sur le babillard.
4.3.3 Exemption : tout locataire ne pouvant effectuer ses tâches communautaires, sa corvée de compostage ou d’entretien de lot pour raison médicale ou autre raison valable devra en aviser le CA (par courriel ou par écrit) afin de faire une demande d’exemption pour la saison en cours.
Ce que ces articles signifient, en gros, c’est que chaque jardinier doit communiquer avec son responsable de comité pour se faire assigner des tâches lui permettant de remplir son obligation de compléter ses heures de travaux communautaires au cours de la saison.
Il ne faut donc pas attendre à l’automne pour remplir son obligation. Les tâches communautaires se réalisent tout au long de la saison et plus celle-ci avance, moins il y a de tâches à réaliser.
Pour une exemption d’effectuer les tâches communautaires ou la corvée de compost, il faut en faire la demande au jardin, par courriel et le plus tôt possible. L’attente à la fin de la saison pourrait laisser croire que la demande est faite en raison de l’indisponibilité ou de la négligence du jardinier à rencontrer ses obligations; celle-ci pourrait donc être refusée.
À noter qu’une pénalité de 10$ par heure de travaux manquante est exigée pour renouveler l’inscription. Une pénalité de 30 $ par lot est également exigée si la corvée de compostage obligatoire n’a pas été réalisée.
En terminant, le but de ces règlements, à la base, n’est pas qu’ils soient contraignants mais plutôt qu’ils assurent le bon fonctionnement de notre jardin communautaire qui, pour votre information, est composé de plus de 100 membres et d’un nombre presque équivalent de collaborateurs. Ça fait beaucoup de monde et il est donc essentiel que chacun fasse sa part, soit responsable et remplisse ses obligations. Le jardin ne s’en portera que mieux!
Le Tourne-Sol
Par Colette Bellemare
Le jardin Tourne-Sol occupe une très grande place dans ma vie et l’histoire de sa création m’a inspirée ce petit poème pour vous tous qui partagez cet espace vert extraordinaire et à qui je souhaite autant de plaisir à le découvrir que j’en ai à l’aménager.
Le Tourne-Sol
Un terrain vague à l’abandon,
Emprisonné dans le béton,
N’offrait au regard des piétons
Qu’un champ de roches et de chardons.
Un vent d’espoir et de passion
Souffla un air de création
Sur des gens de cœur et d’actions,
De rêves et d’imagination.
Allant chercher des subventions,
Tenaces devant les obstructions,
Durs à l’ouvrage, pleins d’ambition,
Seront fidèles à leur vision.
Au fil des ans et des saisons,
Au gré du temps, au gré des dons,
Naîtra ce milieu d’adoption,
Source de vie et d’évasion.
Le Tourne-Sol, c’est le bastion
De nos semailles, de nos moissons
Et c’est à nous, par conviction,
D’en porter haut les traditions.
Colette Bellemare
Responsable du comité Aménagement paysager
Jardiner, en plus du bien-être que cela procure, est avant tout une expérience multisensorielle. Pensons à toutes ces déclinaisons de verts qui animent les feuillages, aux couleurs vives des récoltes, au chant des oiseaux, aux discussions entre jardiniers passionnés, à la sensation de la terre humide sur nos mains, ou encore à l’explosion de saveurs lorsqu’on croque dans notre première tomate-cerise de la saison. Tous nos sens sont sollicités lorsque nous jardinons! Parmi eux, l’un est particulièrement lié à la mémoire : l’odorat.
Je propose donc de vous amener pour une promenade olfactive au jardin. Vous venez?
Le jardin est tranquille aujourd’hui. C’est normal : un nuage est de passage en même temps que nous, apportant avec lui quelques gouttes de pluie. Fermez les yeux et prenez une grande bouffée de cet air dense, chargé d’humidité. Que sentez-vous? Cette odeur de terre humide vous est familière, n’est-ce-pas? Vous rappelle-t-elle des souvenirs?
Ce que votre odorat détecte est un mélange composé principalement de géosmine, une fort sympathique petite molécule organique produite, jour après jour, par des milliards de micro-organismes qui peuplent chaque gramme de sol. Puisqu’elle signale la présence de proies microbiennes, la géosmine peut être attractive pour certains insectes qui s’en nourrissent. À l’inverse, elle peut être répulsive lorsque sa présence coïncide avec celle de microbes produisant des toxines. Ce que vous sentez est en fait le résultat d’un processus de communication chimique vieux de plusieurs millions d’années!
Votre nez présente d’ailleurs une sensibilité extraordinaire à la géosmine : il est capable de la détecter à des concentrations aussi faibles que 5 parties par trillions (5 ppt). Pour illustrer cette infime quantité, imaginez déposer une seule goutte de jus d’orange fraîchement pressé dans l’équivalent de quatre piscines olympiques remplies d’eau (2,5 millions de litres chacune). Vous obtiendrez alors un jus d’orange concentré à 5 ppt!
Allez, poursuivons notre promenade. Venez donc visiter mon lot, mais gardez les yeux fermés! Essayez de deviner quelle espèce j’y cultive, uniquement en humant l’odeur de son feuillage!
…En effet, ce sont des tomates. Vous avez trouvé cela facile? C’est que les plants de tomates libèrent un cocktail de molécules odorantes qui leur est très caractéristique. D’abord, en notes de fond, on retrouve notamment les composés cis-3-hexénol et cis-3-hexénal. Ces huiles dégagent une forte odeur végétale qui rappelle l’herbe et les feuilles fraîchement coupées. On les utilise d’ailleurs dans certains parfums! Mais l’odeur caractéristique de la tomate est due à la relation entre les récepteurs de votre nez et plusieurs centaines de composés organiques volatils, libérés par la plante ainsi que par les poils présents sur ses tiges et ses feuilles. La perception de ce parfum, pouvant évoquer des notes sucrées, fumées ou fruitées, dépend à la fois de l’activité odorante de certains composés individuels et de leurs interactions entre eux.
Bref, une odeur à la composition extrêmement complexe, mais dont la signification est toute simple : l’été s’annonce beau et gourmand au potager!
Toute bonne chose ayant une fin, dirigeons-nous vers la sortie du jardin : il est temps de rentrer. En passant près du tas de compost, une forte odeur de décomposition nous sort de notre rêve tomaté. Il s’agit du sulfure d’hydrogène, ce gaz à l’odeur très caractéristique d’œufs pourris. En absence d’oxygène, des bactéries anaérobies décomposent la matière organique et convertissent certains composés soufrés en sulfure d’hydrogène. En plus de constituer principalement une nuisance olfactive, ce gaz peut également irriter les yeux et les voies respiratoires. C’est pourquoi il est essentiel de bien aérer le compost et d’en contrôler le taux d’humidité. Définitivement, le jardin n’émet pas que des odeurs qui font rêver!
Lors de votre prochaine visite au jardin, prenez un instant pour respirer profondément. Prenez conscience de toute cette belle variété de molécules qui, ensemble, confèrent au potager toute sa richesse olfactive saison après saison!
RÉFÉRENCES
Sciencepot.fr – L’odeur que vous sentez après la pluie ne vient pas de la pluie : elle était là bien avant que la première goutte ne tombe. https://sciencepost.fr/l-odeur-que-vous-sentez-apres-la-pluie-ne-vient-pas-de-la-pluie-elle-etait-la-bien-avant-que-la-premiere-goutte-ne-tombe/
Wikipedia – Géosmine. https://fr.wikipedia.org/wiki/Géosmine
Martina, M., Tikunov, Y., Portis, E., & Bovy, A. G. (2021). The Genetic Basis of Tomato Aroma. Genes, 12(2), 226. https://doi.org/10.3390/genes12020226
Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (Qc) – Sulfure d’hydrogène – Contaminants atmosphériques. https://www.environnement.gouv.qc.ca/air/contaminants/sulfure-hydrogene.htm
On entend souvent parler de pH du sol quand on fait des analyses ou que l’on a des problèmes inusités apparaissant sur nos légumes. Au départ, on devrait faire des analyses de sol de façon régulière car nous cultivons nos (petits) jardins d’une manière intensive. On peut faire une analyse aux deux ou trois ans pour en vérifier les conditions pouvant nous apporter des problèmes légumiers : betteraves rachitiques, racines de choux hypertrophiées, carottes avec manteau de fourrure, etc.
Ce que l’on retrouve dans une analyse de sol
En plus des conseils pour redresser les écarts de notre terrain, on obtient son pH, les concentrations du NPK (azote, phosphore, potassium) et des autres minéraux essentiels à une bonne culture ainsi que le taux de matière organique. Ce sont les données qui sont les plus intéressantes pour nous.
Les solutions sont souvent faciles à appliquer après avoir obtenu les résultats de l’analyse : augmenter le pH (chaux), régulariser l’apport de l’humidité (paillis), augmenter la matière organique (compost, feuilles mortes, drêche, etc.), décompacter son sol (grelinette), faire une rotation de nos cultures sur plusieurs années (plan). Aujourd’hui je vous parlerai de la relation entre le pH et la disponibilité des minéraux.
Mais tout d’abord, qu’est-ce que le pH?
Officiellement, c’est le « potentiel de céder des ions Hydrogène ». Mais, dites-m’en plus docteur. Les ions d’hydrogène (H+) ajoutent de l’acidité au contraire des ions hydroxyles (OH-) qui ajoutent de l’alcalinité. Donc le pH représente la mesure de l’acidité ou de l’alcalinité d’un sol. Il s’exprime selon une échelle logarithmique* de 0 à 14 unités. Une eau « neutre » possède un pH de 7 unités. Un pH inférieur à 7 indique que l’eau est acide alors qu’un pH supérieur indique qu’il s’agit d’une eau alcaline.
* Échelle logarithmique : Notation mathématique où toute augmentation d’une unité est 10 fois plus grande que la précédente. Exemple : un pH passant de 8 à 9 est 10 fois plus alcalin, de 8 à 10, il est 100 fois plus haut.
Et dans les jardins du Tourne-Sol?
Le pH de la terre de nos jardins varie de 4, idéal pour les bleuets et jusqu’à 7, idéal pour les asperges. Les autres légumes se glissent quant à eux entre ces deux valeurs. Pourquoi une telle différence? C’est un peu nébuleux mais on sait que les préférences des légumes dépendent de l’endroit d’où ils sont originaires. Le bleuet est l’exemple type de sa dépendance à un sol acide, poussant sur des terrains à pH bas ayant été « défrichés naturellement » par les feux de forêt. Ils sont considérés parmi les plantes pionnières résistantes à ce pH. Si vous voulez récolter des bleuets sauvages, suivez les feux des années précédentes.
Tous les légumes de nos jardins ont besoin de minéraux plus ou moins disponibles dépendant de l’acidité du sol. Les macro-éléments sont en plus grande quantité : azote, phosphore, potassium, le fameux trio NPK). Les micro-éléments, présents en plus petites quantités, sont tout aussi importants. On pourrait les comparer à des vitamines : bore, calcium, cuivre, magnésium, silicium, zinc et bien d’autres. Le MAPAQ a préparé un tableau de la disponibilité des éléments minéraux selon le pH du sol. Selon le pH sélectionné, plus la bande est large, plus grande est la disponibilité de l’élément. On peut remarquer qu’entre 6 et 7.5, tous les éléments sont amplement disponibles. C’est cette plage qu’il faut viser car à 4.5, seul le fer est pleinement disponible.
Tableau de la disponibilité des éléments nutritifs par rapport au pH. Ill. : mapaq.qc.ca.
Plus la barre est large, plus l’élément nutritif est disponible.
Conséquences sur les légumes
Au Québec les sols sont au départ au moins légèrement acides et les pluies (encore acides aujourd’hui) accentuent encore plus la tendance. La grande période des pluies acides des années 80 a causé le dépérissement des érables du Québec en rendant trop disponible l’aluminium présent dans les sols.
Les betteraves n’aiment pas les sols trop acides. Elles préfèrent un sol neutre jusqu’à légèrement alcalin. Elles ont des besoins particuliers en bore, dont la carence peut entraîner le « cœur noir », une maladie provoquant le noircissement et la pourriture du cœur de la racine et un jaunissement des jeunes feuilles. Chez les choux, une carence en bore entraîne la hernie du chou dont le principal symptôme est une hypertrophie de la racine entraînant un dépérissement du plant.
Un pH inadéquat peut nuire à l’absorption de nutriments essentiels, notamment le phosphore, important pour le développement des racines mais dans un potager bien entretenu, les carences en sont relativement rares. Le plus souvent, c’est la disponibilité des éléments – influencée par le pH ou l’humidité – qui pose problème, plutôt qu’un manque réel. Il arrive que l’on ait le bon pH mais le calcium présent est indisponible par manque d’eau. Cela arrive souvent aux tomates par temps chaud (maladie du cul noir). Un paillis installé tôt prévient le problème mais donner un peu de calcium ne peut pas nuire, surtout si vous avez eu cette maladie l’année précédente.
Donc, tout l’intérêt de faire une analyse de sol, ou au minimum d’en vérifier le pH au 2-3 ans, est de s’assurer que les conditions permettent une bonne nutrition des plantes.
RÉFÉRENCES
Jardinierparesseux.com. – Pourquoi le bon pH est-il important dans le potager?, 7 janvier 2022. https://jardinierparesseux.com/pourquoi-le-bon-ph-est-il-important-dans-le-potager/
Jardinierparesseux.com. – Réponses à vos questions : betteraves qui ne grossissent pas, 10 avril 2026. https://jardinierparesseux.com/pourquoi-le-bon-ph-est-il-important-dans-le-potager/
Concombre Achocha (Cyclanthera pedata)
L’Achocha, aussi appelé margose lisse, concombre grimpant ou concombre des Andes, est une plante de la famille des cucurbitacées, originaire de la cordillère des Andes. Elle est traditionnellement consommée en Amérique centrale et en Amérique du Sud, particulièrement au Pérou, en Colombie, au Costa Rica et en Équateur. De nos jours, on la retrouve également en Chine et dans l’Himalaya.
Les fruits sont consommés comme légumes, crus ou cuits, en salade ou marinés. Les jeunes pousses sont aussi consommées crues comme légumes-feuilles.
Culture
Les semences, qui ressemblent à des morceaux de bois carbonisé, prennent environ 1 semaine à germer. On peut les semer directement en terre après le dernier gel, ou à l’intérieur 3-4 semaines avant celui-ci, pour une récolte plus hâtive.
Les jeunes pousses ressemblent à des concombres jusqu’à ce que les premières vraies feuilles fassent leur apparition. Par la suite, la croissance est très rapide. Même s’ils viennent d’Amérique du Sud, les plants apprécient visiblement le climat du Québec. Les plants sont grimpants et vont rapidement envahir tout ce qui peut les aider dans leur ascension. Prévoyez des tuteurs assez hauts et espacez les plants d’environ 50 cm.
L’an dernier, je les ai plantés avec mes gourganes et ils s’en sont rapidement servis comme tuteurs. Malgré tout, ce compagnonnage a été un succès. Les tiges et les feuilles des achochas sont beaucoup plus délicates que celles du concombre et les gourganes n’ont pas été visiblement incommodées par leur présence. Je répète l’expérience cette année mais avec la moitié moins de plants d’achocha.
Récolte et utilisation
La récolte commence en août et continue jusqu’à ce que la température baisse assez pour les endommager. Les plants sont très productifs, et les fruits grossissent à vue d’œil. Cependant, les jeunes fruits sont difficiles à voir et il est extrêmement facile de les oublier camouflés derrière une tige ou une feuille. Comme pour les concombres, une récolte régulière encourage la production.
Les fruits immatures (de la grosseur du pouce) peuvent être consommés crus, en salade ou marinés. À ce stade, les graines sont minuscules et la texture est croquante.
À maturité, les graines occupent la majorité de l’espace et ce qui reste de chair est spongieux et insipide. À ce stade, on doit vider l’intérieur du fruit et cuire la cosse avant de la manger. Traditionnellement, la cosse vide est farcie d’un mélange de fromage, de légumes ou de viande et cuite au four. On peut aussi la hacher finement et l’ajouter aux sautés, riz frit, soupes ou mijotés. Lorsque la récolte est trop abondante, on la congèle crue et hachée pour l’utiliser pendant l’hiver.
Malheureusement, l’achocha n’est pas un remplacement parfait pour le concombre. Si vous cueillez les fruits immatures, le goût sera similaire et la texture croquante, mais pas aussi croustillante et juteuse que ce dernier. C’est cependant un excellent légume qui a trouvé sa place dans mon jardin et dans mon assiette. Je vous le recommande donc fortement.
PS : Si vous voulez des semences, j’en ai récolté plus que nécessaire l’an dernier!
RÉFÉRENCE
Wikipedia – Cyclanthera pedata. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclanthera_pedata
Aujourd’hui je vous parlerai de la bien-aimée « pinotte », de son nom officiel, l’arachide. Elle est originaire du Mexique mais saviez-que le Canada et les États-Unis sont les plus grands producteurs de beurre de « pinotte » au monde? Il fait évidemment trop froid pour qu’on produise au Québec la matière première de manière industrielle mais c’est ici qu’on mange le plus de beurre de « pinotte » par tête d’habitant. Tout le contraire de l’Europe où ce sont les émigrants qui se régalent de la majorité de la pâte d’arachide (aussi appelée purée de cacahuète). Un accord pastis et arachide ne commencerait-il pas bien le brunch du dimanche? De la Grappa avec du burro di arachidi? Du Porto avec de la mantequilla de maní? À essayer en tout cas…
Heureusement on peut trouver chez nos semenciers certaines variétés à saison courte qui peuvent nous donner une production moins abondante que dans leur milieu naturel mais dont le goût de fraîcheur à la récolte est intéressant. De plus, le plaisir de produire et de voir pousser ses propres arachides est malgré tout plus satisfaisant que leur « cueillette » au supermarché.
Une croissance particulière
Comme légumineuses (productrices d’azote), elles ont une caractéristique particulière : leurs fruits (pinottes) se forment après que les fleurs fécondées aient plongé dans le sol! Ils ne sont pas visibles avant que l’on ait déterré le plant à l’automne. Un acte de foi… ou d’espérance. Au cours de mon été d’essai, je n’ai toutefois jamais réussi à surprendre cette plongée florale. A l’automne, je suis resté un peu pensif avec une production moyenne de quatre arachides par plant, une « à pinottes doubles » et deux ou trois immatures plus ou moins bien formées. Il faut dire que j’avais semé tardivement mais, heureusement, j’avais semé huit arachides. À la fête des semences suivante, mon semencier m’a rassuré : en ressemant les arachides les plus dodues d’année en année, la production s’adapte à notre climat et elle augmente. C’est donc un travail de plusieurs années.
Conseils de culture
Tout d’abord, trouver les semences. La variété la mieux adaptée et la plus facile à trouver est la Valencia. Elle arrive à maturité en 110 jours alors que les variétés plus tropicales ne l’atteignent qu’en 150 jours. C’est pourquoi il est moins intéressant de semer les arachides du supermarché. De provenance inconnue, celles-ci sont souvent rôties, salées (mais depuis peu détaxées) et saupoudrées de pesticides. Par curiosité et sans viser le pot de beurre de « pinottes », ce peut être un essai peu dispendieux si vous trouvez des arachides non-rôties. C’est quand on les cherche que l’on voit que les écureuils ne savent pas lire car c’est rarement inscrit sur le sac.
Pour gagner du temps et pour avoir la meilleure récolte à l’automne, il faut semer ses « pinottes » à l’intérieur, de 4 à 6 semaines avant le dernier gel, qui a lieu selon les statistiques, le 25 mai à Québec. On transplante cette légumineuse au jardin quand les températures nocturnes montent au-dessus de 10˚C après une période d’adaptation. La culture en pot peut accélérer sa maturation mais il faut alors surveiller l’arrosage. On protège le plant d’arachide tôt à l’automne et la récolte se fait quand les feuilles jaunissent. Après avoir réservé des arachides pour les semis de la prochaine année, on peut ensuite faire rôtir et saler le reste pour une dégustation matinale. Essayez avec une banane tranchée ou un morceau de fromage fort. Bonne beurrée!
PS : N’oubliez pas de faire la fête le 13 septembre prochain car c’est la Journée nationale du beurre de cacahuète aux États-Unis!!!
RÉFÉRENCE
Jardinierparesseux.com. – Curiosité au jardin : les arachides poussent à l’envers!, 14 avril 2025. https://jardinierparesseux.com/curiosite-au-jardin-les-arachides-poussent-envers/
Wikipedia – Beurre de cacahuètes. https://fr.wikipedia.org/wiki/Beurre_de_cacahuees



















Louise Bouchard
Pictoflora - stephanie plessy